메타픽션과 18세기 소설의 자의식 - 디드로의 경우를 중심으로
La metafiction et la conscience de soi dans les romans du dix-huitième siècle - le cas de Diderot -
김계영(한국외국어대학교)
36호, 167~198쪽
초록
‘Métafiction’ est un terme donné à l'écriture de fiction qui attire, consciemment et systématiquement, l'attention sur son statut comme un artificiel afin de poser des questions sur la relation entre fiction et réalité. Le texte de fiction sera 'metafictionnel' s'il invite à une prise de conscience critique de lui-même. La métafiction appelle donc l'attention du lecteur non seulement sur le fonctionnement de l'artifice de la fiction, mais aussi sur sa création, sa réception et sa participation aux systèmes de signification de la culture. Le terme est peut-être nouveau, pourtant la pratique est aussi vieille, sinon plus, que le roman lui-même. Nous proposons ainsi de comparer la ressemblance entre la metafiction post-moderne et la fiction du dix-huitième siècle. Nous nous intéresserons surtout à l'auto-refléxivité de la metafiction et à la prise de conscience de soi dans les romans de Diderot. Les textes romanesques de Diderot sont remplis de divers procédés narratifs qui remettent en cause des formes de la vie et de la représentation; l'emploi du paratexte, le développement de formes de satire ou de parodie, les formes ludiques pour interpréter l'opacité des signes, l’intrusion du lecteur-narrataire par l'intermédiaire des questions et des commentaires, l’accumulation de ‘pseudo-digression’ réalisée par la liberté quasi-royale de l’auteur-narrateur paradoxalement contrainte d'accepter la transaction narrative, les coïncidences entre la continuité et la discontinuité destinées à pousser le texte à se dire texte et à exhiber les traces, etc. Les formes en fonction desquelles Diderot structure ses histoires peuvent alors être facilement perçues comme relatives. On peut donc comprendre que, pour fugitive qu'elle ait pu être, une telle prise de conscience ait pu déboucher au moins ponctuellement sur un certain nombre de pratiques 'metafictionnelles' qui eurent pour effet de mettre en évidence leur relative artificialité ainsi que leur dimension 'fabriquée'. Une telle ressemblance nous permet de rendre compte au moins en partie que Diderot ait été amené à s'engouffrer dans un espace de liberté qui s'entrouvrit pour produire un roman dont l'apparition ne doit pas être rapportée à l'originalité de son auteur ou à son génie. La 'mort du roman' que prétendent les postmodernistes et la 'naissance du roman' pourraient s'entremêler ou se coïncider à l'intérieur même du roman qui demande une prise de conscience critique du texte, car la metafiction est essentiellement une tendance ou une fonction inhérente à tous les romans.
Abstract
‘Métafiction’ est un terme donné à l'écriture de fiction qui attire, consciemment et systématiquement, l'attention sur son statut comme un artificiel afin de poser des questions sur la relation entre fiction et réalité. Le texte de fiction sera 'metafictionnel' s'il invite à une prise de conscience critique de lui-même. La métafiction appelle donc l'attention du lecteur non seulement sur le fonctionnement de l'artifice de la fiction, mais aussi sur sa création, sa réception et sa participation aux systèmes de signification de la culture. Le terme est peut-être nouveau, pourtant la pratique est aussi vieille, sinon plus, que le roman lui-même. Nous proposons ainsi de comparer la ressemblance entre la metafiction post-moderne et la fiction du dix-huitième siècle. Nous nous intéresserons surtout à l'auto-refléxivité de la metafiction et à la prise de conscience de soi dans les romans de Diderot. Les textes romanesques de Diderot sont remplis de divers procédés narratifs qui remettent en cause des formes de la vie et de la représentation; l'emploi du paratexte, le développement de formes de satire ou de parodie, les formes ludiques pour interpréter l'opacité des signes, l’intrusion du lecteur-narrataire par l'intermédiaire des questions et des commentaires, l’accumulation de ‘pseudo-digression’ réalisée par la liberté quasi-royale de l’auteur-narrateur paradoxalement contrainte d'accepter la transaction narrative, les coïncidences entre la continuité et la discontinuité destinées à pousser le texte à se dire texte et à exhiber les traces, etc. Les formes en fonction desquelles Diderot structure ses histoires peuvent alors être facilement perçues comme relatives. On peut donc comprendre que, pour fugitive qu'elle ait pu être, une telle prise de conscience ait pu déboucher au moins ponctuellement sur un certain nombre de pratiques 'metafictionnelles' qui eurent pour effet de mettre en évidence leur relative artificialité ainsi que leur dimension 'fabriquée'. Une telle ressemblance nous permet de rendre compte au moins en partie que Diderot ait été amené à s'engouffrer dans un espace de liberté qui s'entrouvrit pour produire un roman dont l'apparition ne doit pas être rapportée à l'originalité de son auteur ou à son génie. La 'mort du roman' que prétendent les postmodernistes et la 'naissance du roman' pourraient s'entremêler ou se coïncider à l'intérieur même du roman qui demande une prise de conscience critique du texte, car la metafiction est essentiellement une tendance ou une fonction inhérente à tous les romans.
- 발행기관:
- 세계문학비교학회
- 분류:
- 문학