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학술논문프랑스어권 문화예술연구2015.08 발행KCI 피인용 5

르 클레지오의 『혁명』 연구

Study on Révolutions by J.-M. G. Le Clézio

이희영(동덕여자대학교)

53권, 423~480쪽

초록

Nous avons pour but d'étudier Révolutions de J.-M. G. Le Clézio (paru en 2003 aux éditions Gallimard) en mettant évidence sur la structure narrative et le lyrisme du roman, ainsi d’analyser son texte en nous appuyant sur des théories de décolonisation et d‘écologie. Ce roman retrace l’histoire d’une famille à l’origine bretonne immigrée à l’île Maurice : leur diaspora avait été initiée par Jean Eudes Marro, ancêtre-fondateur qui était arrivé à l’île Maurice en 1794 et avait réussi en 1825 à construire la maison familiale du nom de Rozilis entourée par des bois sauvages où sa famille pourrait vivre en harmonie avec la nature tout en suivant les principes d’égalité des hommes, de partage en commun et de charité pour les voisins plus démunis, loin de la destruction, de la terreur et de l’injustice provoquées par les guerres de colonisation et l’esclavage. Après 85 ans, la famille Marro, surnommée ‘les hommes des bois’, a été dépossédée de Rozilis par des colons qui ont massacré la forêt et vendu des arbres pour planter des arpents de café et des cannes. Les Marro sont retournés en France en 1910 où les guerres et la période de misère les attendaient : Catherine, descendante-déchue, ne vivait que dans la nostalgie de Rozilis, paradis perdu de la famille. Celle-ci transmet tous les mémoires des aïeux à Jean, dernier descendant dont le devoir est de retourner aux sources de la famille afin de restaurer Rozilis, mythe de famille. Tout d’abord ce roman se caractérise par la structure des récits de diasporas exercés par différents personnages à travers des étapes d’évolution (fondation/prosperité/déclin/renaissance) de la famille Marro : la pluralité des voix narratrices des récits module à travers le temps et l’espace. Cette structure des récits polyphoniques suscite des effets de miroir entre plusieurs chronotopes et induit aussi un jeu subtil sur l’identité : le “je” de l’auteur, dissimulé sous le “il” de son “jumeau” fonctionnel, Jean et Jean Eude, leur ressemblance a un effet de la continuité dans le parcours de diasporas de la famille Marro qui boucle la boucle. La pluralité des voix, qui en résonance divers récits de vie à des époques et en des lieux différents, plonge ainsi le lecteur dans l’épaisseur du temps de l’histoire d’une famille jusqu’au point d’origine et ce roman de la famille sert ainsi à la quête du “soi caché” du Jean Marro, double de l’auteur. L’auteur introduit aussi un récit extradiégétique d’une famille d’esclaves venus d’Afrique, qui se déroule en contrepoint de l’installation d’une famille de colons à Maurice. Dans ce récit de Kilwa, l’héroïne Kiambé perd son identité autonome durant le rapt initial, le transport dans le bateau négrier et la vente ainsi qu’elle s’identifie comme Balkis esclave humiliée et battue ; celle-ci reconquérit son nom Kiambé et sa fierté africaine lorsqu’elle participe à la révolte des Marrons dirigée par Ratitsatane et obtient l’affranchissement. Le problème d’identité de Kiambé volée, bafouée et reconquise peut se traduire par les analyses des discours de décolonisation. L’inévitable fragmenatation du récit qui en découle tend à contenir l’épanchement de la nostalgie. Le lyrisme du roman est ainsi accentué par des thèmes tels que amour familial, nostalgie, blessure, douceur de vivre et mal de vivre, etc. et aussi par l’ample usage du vocabulaire affectif, d’anaphores et de répétitions, etc. surtout dans le récit de souvenirs évoqué par Catherine et le récit de Kilwa. Les incipit des chapitres de Kilwa ramènent les mêmes phrases qui créent un rythme incantatoire, comme dans ces légendes transmises par voix oral. Parallèlement Catherine répète toujours les mêmes phrases pour raconter et rappeler les souvenirs de Rozilis. Dans Révolutions, la polyphonie et l’écriture lyrique infléchit le genre du roman vers la prose poétique. Le Clézio écrit pour témoigner la colonisation impérialiste qui a blessé et abimé inlassablement la culture, les droits des hommes et la nature des pays colonisés. La chronique familiale a été marquée par les effets et conséquences d’un mouvement d’expansion et de colonisation : la conquête espagnole sur l'Aztèque, les guerres de colonisation franco-anglais sur l’île Maurice, les luttes contre l’esclavage, la guerre d’Algérie, la révolution 1968 au Méxique. En mettant en lumière le cycle des injustices et de l’émancipation, l’auteur met en accent sur la condition de victimes des guerres exilés et leurs souffrances, mais aussi sur la force de l’espérance et la foi dans l’humanité. Le Clézio, profondément déçu de la civilisation belliciste de l’occident, oriente l’intérêt vers des civilisations disparues ou lointaines, des épisodes historiques mal connus. Dans Révolutions l’auteur propose un éco-topia, utopia écologique : Rozilis représente la préservation de l’environnement “primitif et sauvage” et du mode de vie ancienne avant l’industrialisation et l’urbanisation du monde moderne ; l’univers où toutes les formes de vie sont protégées et respectées et que la nature et les hommes peuvent s’harmoniser et se communiquer en donnant lieu à l’imagination poétique et universelle qui peut se coexister avec la réalité. Cette vision, peut-être irréaliste, du monde meilleur est l’espoir et de l’avenir rêvés par Jean Marro qui s’est rendu sur la terre des ancêtres ; c’est aussi la raison pour laquelle Le Clézio continue d’écrire : “Je crois qu'il ne peut y avoir de littérature s'il n'y a pas l'espoir de rendre le monde meilleur, de communiquer un espoir que les grandes injustices soient expurgées de la société."(Le Clézio, ”un étonnant voyageur au coeur de Dublin", L'Humanité, 13 avril 2000).

Abstract

Nous avons pour but d'étudier Révolutions de J.-M. G. Le Clézio (paru en 2003 aux éditions Gallimard) en mettant évidence sur la structure narrative et le lyrisme du roman, ainsi d’analyser son texte en nous appuyant sur des théories de décolonisation et d‘écologie. Ce roman retrace l’histoire d’une famille à l’origine bretonne immigrée à l’île Maurice : leur diaspora avait été initiée par Jean Eudes Marro, ancêtre-fondateur qui était arrivé à l’île Maurice en 1794 et avait réussi en 1825 à construire la maison familiale du nom de Rozilis entourée par des bois sauvages où sa famille pourrait vivre en harmonie avec la nature tout en suivant les principes d’égalité des hommes, de partage en commun et de charité pour les voisins plus démunis, loin de la destruction, de la terreur et de l’injustice provoquées par les guerres de colonisation et l’esclavage. Après 85 ans, la famille Marro, surnommée ‘les hommes des bois’, a été dépossédée de Rozilis par des colons qui ont massacré la forêt et vendu des arbres pour planter des arpents de café et des cannes. Les Marro sont retournés en France en 1910 où les guerres et la période de misère les attendaient : Catherine, descendante-déchue, ne vivait que dans la nostalgie de Rozilis, paradis perdu de la famille. Celle-ci transmet tous les mémoires des aïeux à Jean, dernier descendant dont le devoir est de retourner aux sources de la famille afin de restaurer Rozilis, mythe de famille. Tout d’abord ce roman se caractérise par la structure des récits de diasporas exercés par différents personnages à travers des étapes d’évolution (fondation/prosperité/déclin/renaissance) de la famille Marro : la pluralité des voix narratrices des récits module à travers le temps et l’espace. Cette structure des récits polyphoniques suscite des effets de miroir entre plusieurs chronotopes et induit aussi un jeu subtil sur l’identité : le “je” de l’auteur, dissimulé sous le “il” de son “jumeau” fonctionnel, Jean et Jean Eude, leur ressemblance a un effet de la continuité dans le parcours de diasporas de la famille Marro qui boucle la boucle. La pluralité des voix, qui en résonance divers récits de vie à des époques et en des lieux différents, plonge ainsi le lecteur dans l’épaisseur du temps de l’histoire d’une famille jusqu’au point d’origine et ce roman de la famille sert ainsi à la quête du “soi caché” du Jean Marro, double de l’auteur. L’auteur introduit aussi un récit extradiégétique d’une famille d’esclaves venus d’Afrique, qui se déroule en contrepoint de l’installation d’une famille de colons à Maurice. Dans ce récit de Kilwa, l’héroïne Kiambé perd son identité autonome durant le rapt initial, le transport dans le bateau négrier et la vente ainsi qu’elle s’identifie comme Balkis esclave humiliée et battue ; celle-ci reconquérit son nom Kiambé et sa fierté africaine lorsqu’elle participe à la révolte des Marrons dirigée par Ratitsatane et obtient l’affranchissement. Le problème d’identité de Kiambé volée, bafouée et reconquise peut se traduire par les analyses des discours de décolonisation. L’inévitable fragmenatation du récit qui en découle tend à contenir l’épanchement de la nostalgie. Le lyrisme du roman est ainsi accentué par des thèmes tels que amour familial, nostalgie, blessure, douceur de vivre et mal de vivre, etc. et aussi par l’ample usage du vocabulaire affectif, d’anaphores et de répétitions, etc. surtout dans le récit de souvenirs évoqué par Catherine et le récit de Kilwa. Les incipit des chapitres de Kilwa ramènent les mêmes phrases qui créent un rythme incantatoire, comme dans ces légendes transmises par voix oral. Parallèlement Catherine répète toujours les mêmes phrases pour raconter et rappeler les souvenirs de Rozilis. Dans Révolutions, la polyphonie et l’écriture lyrique infléchit le genre du roman vers la prose poétique. Le Clézio écrit pour témoigner la colonisation impérialiste qui a blessé et abimé inlassablement la culture, les droits des hommes et la nature des pays colonisés. La chronique familiale a été marquée par les effets et conséquences d’un mouvement d’expansion et de colonisation : la conquête espagnole sur l'Aztèque, les guerres de colonisation franco-anglais sur l’île Maurice, les luttes contre l’esclavage, la guerre d’Algérie, la révolution 1968 au Méxique. En mettant en lumière le cycle des injustices et de l’émancipation, l’auteur met en accent sur la condition de victimes des guerres exilés et leurs souffrances, mais aussi sur la force de l’espérance et la foi dans l’humanité. Le Clézio, profondément déçu de la civilisation belliciste de l’occident, oriente l’intérêt vers des civilisations disparues ou lointaines, des épisodes historiques mal connus. Dans Révolutions l’auteur propose un éco-topia, utopia écologique : Rozilis représente la préservation de l’environnement “primitif et sauvage” et du mode de vie ancienne avant l’industrialisation et l’urbanisation du monde moderne ; l’univers où toutes les formes de vie sont protégées et respectées et que la nature et les hommes peuvent s’harmoniser et se communiquer en donnant lieu à l’imagination poétique et universelle qui peut se coexister avec la réalité. Cette vision, peut-être irréaliste, du monde meilleur est l’espoir et de l’avenir rêvés par Jean Marro qui s’est rendu sur la terre des ancêtres ; c’est aussi la raison pour laquelle Le Clézio continue d’écrire : “Je crois qu'il ne peut y avoir de littérature s'il n'y a pas l'espoir de rendre le monde meilleur, de communiquer un espoir que les grandes injustices soient expurgées de la société."(Le Clézio, ”un étonnant voyageur au coeur de Dublin", L'Humanité, 13 avril 2000).

발행기관:
프랑스문화예술학회
DOI:
http://dx.doi.org/10.21651/cfaf.2015.53..423
분류:
프랑스문화학

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